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Christophe Darville (à
gauche) et Cédric Braem, les “pères” de
l’application de ‘monitoring’ de sites Web
InternetVista: “Certains de nos clients ont
changé d’ISP.”
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Les messages du style “The
page cannot be displayed” ou “Internal Server
Error” nuisent gravement à la santé de votre site
Web. Heureusement, des méthodes de dépistage
existent. La Belge InternetVista veut se faire une
place sur le marché très fragmenté et
hypercompétitif des outils de surveillance de
sites Web.
On rappelait encore la
semaine dernière que près d’un internaute belge
sur cinq a déjà éprouvé des difficultés à passer
commande en ligne. Et on ne compte plus les
rapports d’analystes qui chiffrent le montant
astronomique des ventes perdues à cause de sites
d’e-commerce déficients ou trop lents. Bien sûr,
les dégâts sont les plus évidents pour les sites
de commerce électronique, mais ils ne sont pas non
plus négligeables pour tous les sites qui se
préoccupent un minimum de leur image.
Pourtant, il existe une multitude d’outils de
‘monitoring’, qui, s’ils ne permettent pas
directement de résoudre un problème technique,
interdisent au moins au ‘Webmaster’ de dire “je ne
savais pas”. Le plus souvent, l’indisponibilité du
site ou sa lenteur sont dues au réseau. Le
‘Webmaster’ n’a donc pas de prise directe, si ce
n’est changer d’ISP. Il peut par contre réagir
lors d’une autre cause fréquente de problèmes, à
savoir une connexion déficiente entre le serveur
Web et la base de données. Ou, cas plus extrême,
lorsque le contenu d’une page est détourné par un
pirate.
Interne contre externe
Le marché des outils de
surveillance de sites Web est très fragmenté. Il y
a d’une part les fournisseurs issus du monde de
l’administration de systèmes (Tivoli, BMC, CA, HP
Openview, Compuware, Mercury Interactive, etc.)
qui ont intégré le ‘monitoring’ de sites Web et
d’applications ‘e-business’. Ces systèmes, souvent
coûteux et plutôt destinés aux grandes entreprises
mais très réactifs et configurables, partent de
l’idée d’un contrôle interne: ils scrutent en
permanence l’infrastructure et les serveurs Web et
envoient une alerte à la moindre anomalie. Comme
alternative plus souple, est apparue ces deux
dernières années une multitude d’applications de
‘monitoring’ en mode ASP, qui partent quant à eux
de l’idée d’un contrôle externe. “L’originalité de
notre système vient du fait qu’il simule
l’internaute,” affirment Cédric Braem et
Christophe Darville. Ces deux diplômés en
informatique des Facultés de Namur, après avoir
thésaurisé quelques années en tant que
consultants, ont décidé d’investir leurs économies
et des centaines d’heures dans le développement
d’InternetVista (www.internetvista.com). Ce
service en ligne ne se limite pas au ‘monitoring’
de sites Web, mais également à la messagerie (smtp
et pop) et au transfert de fichiers (ftp). “Quand
nous avons commencé à réfléchir à notre projet, il
y a trois ans, le nombre de fournisseurs de
solutions comparables à la nôtre tenait sur une
page de Google. Maintenant, il y en a des dizaines
qui veulent profiter de l’explosion du marché.”
Alertes SMS
Selon la fréquence
choisie par le client, InternetVista vérifie le
site à partir de quatre ‘centres de surveillance’:
deux en Belgique, un en France et un aux
Etats-Unis. Pour éviter les fausses alertes, le
système effectue une contre-vérification une
minute après avoir détecter une première coupure.
L’alerte validée est ensuite envoyée par email
et/ou surtout par SMS vers l’administrateur du
site. Internet- Vista supporte une liste
impressionnante d’opérateurs mobiles partout dans
le monde. La cible potentielle est ni plus ni
moins “tout le monde internet”, déclarent les deux
entrepreneurs. Le ‘business’ d’InternetVista ne
connaît effectivement pas les frontières: aucun
programme ne doit être installé, le client
configure son compte sur le site, le paiement
s’effectue en ligne (par Ogone), les rapports sont
envoyés par e-mail. Bref, aucune relation humaine
n’est nécessaire. L’application intègre en outre
les différents fuseaux horaires et est disponible
en quatre langues. “La moitié de nos clients sont
étrangers.” Mais la concurrence internationale
n’en est que plus rude. “Notre principal atout est
la tarification à la carte. Nous facturons par URL
à surveiller. Cela va de 80 cents par mois pour
une vérification toutes les heures à 60 euros par
mois pour un ‘monitoring’ toutes les minutes. La
plupart de nos clients choisissent la formule à 20
euros pour une vérification toutes les trois
minutes.“
Indépendant
Toujours d’après Cédric
Braem et Christophe Darville, la majorité des ‘Web
designers’ sont déjà convaincus de l’utilité
d’outils comme le leur, mais il reste encore de
gros efforts de conscientisation à faire. Avec un
service vendu pour quelques euros par mois, les
deux entrepreneurs ne peuvent pas se permettre de
démarcher les quelque 370.000 sites identifiés en
Belgique. Ils misent dès lors plutôt sur le
référencement Internet payant, notamment sur
Google, ou sur la présence à des salons. Les
petits hébergeurs intermédiaires régionaux, qui
sous-louent de la capacité à de plus gros
hébergeurs, constituent également une cible
potentielle. “Par contre, nous ne voyons pas trop
pourquoi les gros hébergeurs utiliseraient une
solution de ‘monitoring’ externe. Ils n’ont pas
vraiment intérêt à mettre en évidence leurs
éventuelles faiblesses.” Selon les cofondateurs,
un des intérêts d’un produit de contrôle externe
‘indépendant’ comme Internet- Vista est
précisément, lorsqu’on ne dispose pas soi-même des
moyens d’agir sur le site, de pouvoir faire
pression sur un fournisseur externe, ou d’en
changer tout simplement. “Certains de nos clients
ont changé d’ISP.”
Orienté objets
L’application a été
entièrement développée en Java, avec intégration à
une base de données orientée objets (Objects DB).
“Travailler en orientation objets à tout niveau a
l’avantage d’améliorer les performances et de
simplifier le développement. Il n’est pas
nécessaire de faire un mapping comme c’est le cas
avec une base de données relationnelle.”
InternetVista compte actuellement une centaine
de clients. La société compte atteindre le point
d’équilibre début de l’année prochaine lorsqu’elle
en comptera 800. ¦
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